Le lancement du nouveau plan épargne retraite (PER) a pour ambition de concurrencer l’assurance-vie, contrat préféré des français. L’assurance-vie répond à plusieurs objectifs patrimoniaux, dont celui de capitaliser pour sa retraite.
En vue de cet objectif, est-il pertinent de souscrire un PER ou faut-il rester fidèle au bon vieux contrat d’assurance-vie ?
PER ou assurance-vie : Quel contrat choisir pour sa retraite ?
Le PER est un produit d’épargne à long terme avec pour objectif de percevoir à l’âge de la retraite un revenu complémentaire sous forme de capital ou de rente. Il a la particularité d’être alimenté par des versements volontaires qui sont déductibles des revenus imposables de l’année, dans la limite d’un plafond global, pour chacun des membres du foyer fiscal.
A noter : Les non-salariés (artisans, commerçants etc.) peuvent également avoir un plafond supplémentaire (Madelin).
L’assurance-vie constitue un instrument efficace pour valoriser ou se constituer progressivement un capital : ce contrat permet d’obtenir des revenus complémentaires immédiatement ou à terme au moyen de rachats partiels programmés avec une fiscalité avantageuse et dégressive dans le temps.
1# La capitalisation à long terme
L’assurance-vie attire du fait de sa fiscalité avantageuse à la sortie, cependant si les primes versées sur un PER sont déductibles, ce n’est pas le cas pour l’assurance-vie.
Aussi, pour quelqu’un qui a un taux marginal d’imposition à 30% et qui investit un flux de 10 000 euros sur un PER, ne pourra mettre que 7 000 euros sur une assurance-vie après imposition (30% des 10 000 €).
En conséquence, sur une longue période on accumule davantage d’épargne sur un PER :

Mise en situation
Monsieur et Madame Martin sont mariés sous le régime de communauté légale.
Monsieur Martin est cadre, est âgé de 45 ans, il prendra sa retraite dans 20 ans. Le couple est taxé à un taux marginal d’imposition de 30 %. A la retraite, leur tranche d’imposition devrait rester la même, soit 30 %.
Monsieur Martin souhaite compléter sa retraite.
Cas 1 : Souscription d’un contrat d’assurance-vie
Monsieur Martin souscrit un contrat d’assurance-vie et place :
7 000 € par an pendant 20 ans (il doit acquitter 3 000 € d’impôt sur le revenu et ne peut donc placer que le solde), avec un rendement brut annuel de 3 %.
Dans 20 ans, au moment de la retraite, le capital constitué est de 188 000 €. Monsieur Martin procède à des rachats annuels pendant 20 ans, il perçoit ainsi :
- de 12 642 € bruts par an (capital + intérêts)
- soit 11 671 € nets de fiscalité en moyenne par an (seuls les prélèvements sociaux sont dus sur les intérêts en raison de l’abattement fiscal annuel de 9 200 €)
A la sortie de l’assurance-vie, les capitaux sont peu taxés, cependant le capital accumulé est relativement faible.
Cas 2 : Souscription d’un contrat PER
Monsieur Martin souscrit un PER et place :
10 000 € par an pendant 20 ans (soit un montant plus élevé grâce à la déduction des primes versées sur le PER), avec un rendement brut annuel de 3 %.
Dans 20 ans, au moment de la retraite, le capital constitué est de 268 000 €. Monsieur Martin récupère son épargne en capital de manière fractionnée sur 20 ans. Il perçoit donc un capital annuel :
- de 18 061 € brut
- soit 12 643 € nets de fiscalité (IR à 30 % sur le cumul des primes versées et PFU à 30 % sur les intérêts)
A la sortie du PER, les capitaux sont taxés plus lourdement que sur l’assurance-vie, cependant le capital accumulé sur le PER est plus important, grâce au réinvestissement de l’économie d’impôt réalisée, et compense cette imposition.
En effet, grâce à l’avantage fiscal à l’entrée (déduction à l’IR à 30 %), le PER permet de retirer un rendement, net de fiscalité, supérieur à l’assurance-vie.
Le rendement, net de fiscalité, du PER serait encore plus élevé par rapport à l’assurance-vie, si le couple avait été imposé à 41% pendant la période d’activité (permettant ainsi une déduction et donc un réinvestissement bien plus important sur le PER).
Notre avis :
Si l’objectif est de mettre de l’argent de côté pour la retraite, le PER est plus intéressant. En effet, le PER permet de décaler la fiscalité au moment du départ en retraite, entre temps, l’impôt qui n’a pas été payé, travaille sur le contrat, alors que dans le cas de l’assurance-vie, l’impôt est payé de suite.
Logiquement, on est moins imposé quand on part à la retraite donc c’est intéressant pour les gens à 41% si on passe à 11% par exemple.
Comparatif du PER et de l’assurance-vie
Ci-dessous les principales caractéristiques comparatives du PER et de l’assurance-vie :

Transférer son assurance-vie vers un PER
Il peut être pertinent de racheter tout ou partie d’un contrat d’assurance-vie pour reverser les sommes sur un PER, néanmoins, il faut accepter de bloquer ce capital jusqu’à son départ en retraite.
En cas de rachat sur un contrat d’assurance-vie de plus de 8 ans, un régime de faveur permet d’exonérer les intérêts jusqu’à 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple.
Ce régime est cumulable avec les abattements classiques de 4 600 € et 9 200 € applicables à l’assurance-vie, soit une exonération jusqu’à 9 200 € pour une personne seule et 18 400 € pour un couple. Les prélèvements sociaux eux, restent dus.
Pour bénéficier de ces conditions de transfert, le rachat doit être réalisé avant le 1er janvier 2023 et le contribuable doit avoir moins de 57 ans (et donc être a plus de 5 ans de l’âge légal de départ à la retraite).
Pourquoi ouvrir un PER ?
En résumé, le PER permet :
- de détenir des actifs immobiliers (SCPI) sans la fiscalité des revenus fonciers (les revenus immobiliers sont capitalisés et transformés en revenus financiers taxés au PFU).
- L’avantage fiscal à l’entrée permet d’alléger l’effort d’épargne, d’investir plus et donc d’augmenter le revenu perçu à terme.
- Il est même envisageable de verser des primes sans les déduire afin, au dénouement, de subir une taxation uniquement sur les intérêts.
Plus spécifiquement par rapport à l’assurance-vie, le PER apparaît comme un produit complémentaire : si l’assurance vie permet de garder une épargne de précaution disponible à tout moment, le PER offre deux avantages :
- Dès lors que le contribuable a une TMI égale ou supérieure à 30 %, le PER d’alléger l’effort d’épargne et de générer des revenus, nets de fiscalité, plus importants que l’assurance-vie grâce à l’avantage fiscal à l’entrée (la déduction à l’entrée permet d’investir un montant supérieur sur le PER comparativement à l’assurance-vie)
- De plus, en matière successoral, le PER est plus compétitif que l’assurance-vie en cas de décès avant 70 ans (puisque les prélèvements sociaux ne sont pas dus sur les intérêts latents).
En somme, il nous apparaît fort intéressant d’ouvrir un PER dans un objectif d’obtenir des revenus complémentaires à la retraite. L’assurance-vie reste cependant un support de placement indispensable dans une stratégie patrimoniale.
En savoir plus sur le PER et l’assurance-vie
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